Lavande
Les lavandes sont des arbrisseaux dicotylédones de la famille des Lamiacées et du genre Lavandula, à fleurs le plus fréquemment mauves ou violettes disposées en épis, dont la majorité des espèces, particulièrement odorantes, sont beaucoup utilisées...
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Flore (nom vernaculaire) - Lavande - Plante mellifère
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Les lavandes sont des arbrisseaux dicotylédones de la famille des Lamiacées (ou labiées) et du genre Lavandula, à fleurs le plus fréquemment mauves ou violettes disposées en épis, dont la majorité des espèces, particulièrement odorantes, sont beaucoup utilisées dans l'ensemble des branches de la parfumerie. Elles poussent en particulier sur les sols calcaires secs et ensoleillés, à l'exception de L. stœchas, qui préfère les sols siliceux.
Toutes les lavandes sont des plantes mellifères, particulièrement recherchées par les abeilles.
Historique
Venue de l'ouest du bassin méditerranéen, la lavande était déjà utilisée par les Romains pour conserver le linge et parfumer les bains. En Provence, la lavande fut utilisée dès le Moyen Âge, pour la composition de parfums et celle des médicaments, mais c'est à partir du XIXe siècle que la culture se développe.
L'essor de la production française d'huile principale de lavande fine est lié à l'implantation de parfumeries dans la région de Grasse. La mise en culture organisée systématique du lavandin, dans les années 1950, prendra ensuite le relais.
Après plusieurs crises qui entraînent la chute de la production et une régression des cultures, les plantations sont relancées par la stabilisation des surfaces à cultiver et le développement des moyens de distillation.
Principales espèces
Si les noms latins des lavandes ne posent plus guère de problèmes, il n'en va pas de même avec les noms courants. La même lavande devient française, anglaise ou espagnole selon le pays où elle est classée. On peut distinguer quatre espèces principales :
- Lavandula angustifolia, ou lavande vraie. Noms anciens : L. officinalis, L. vera. Autres noms usuels : lavande anglaise (certains auteurs préférant donner ce nom à l'espèce L. dentata), lavande des Alpes, lavande fine. C'est la meilleure des lavandes pour la qualité de son huile principale. À l'état sauvage, elle pousse en particulier en Provence, mais elle peut être cultivée dans des régions plus septentrionales, d'autant qu'il en existe de nombreux cultivars. C'est un arbrisseau buissonnant pouvant atteindre 1 m de hauteur. Les feuilles, linéaires et de couleur gris-vert, ont une longueur variant entre 3 et 5 cm. Lors de la floraison (avril-mai), la plante développe de longs pédoncules non ramifiés terminés par des épis dont la couleur fluctue du mauve pâle au violet. Seule l'huile principale issue de cette production sur une zone déterminée bénéficie de l'Appellation d'origine contrôlée (AOC), huile principale de lavande de Haute-Provence. On recense à peu près 4 000 hectares cultivés dans les 4 départements producteurs.
- Lavandula latifolia, ou lavande aspic. Nom ancien : L. spica. Comparé à la précédente, ses feuilles sont plus larges (elliptiques) et particulièrement odorantes. La floraison est plus tardive (juin-août), et les fleurs ont une odeur particulièrement camphrée. Elles poussent à l'extrémité de tiges ramifiées, ce qui est le moyen le plus sûr de la différencier de la lavande vraie. Elle est nettement moins appréciée en parfumerie.
- Lavandula intermedia , ou lavandin, hybride naturel entre L. angustifolia et L. latifolia. C'est la troisième des lavandes provençales. Découvert légèrement par hasard, il a été cultivé à partir des années 1930. Le lavandin est actuellement l'espèce la plus cultivée, car sa fleur est plus productive en huile principale que la lavande vraie. Par contre, son essence a une moins bonne qualité olfactive, et est utilisée dans la parfumerie industrielle. Au cours des années, plusieurs variétés de cet hybride ont été choisies et reproduites par bouturage. Les surfaces cultivées en lavandins sont estimées à 17 000 hectares. Les variétés les plus cultivées aujourd'hui sont :
- Lavandin Grosso 80% des surfaces en lavandins
- Lavandin Abrial 10%
- Lavandin Super 10%
- Lavandula stœchas, ou lavande stéchas, lavande papillon, cantueso (nom en particulier donné à la sous-espèce L. stœchas pedunculata). À l'état sauvage, c'est sans doute la lavande dont le territoire géographique est le plus vaste (tout le pourtour méditerranéen). Mais elle n'est d'aucune utilité en parfumerie : elle sent légèrement le camphre, et rien d'autre. Elle se distingue des espèces précédentes par deux caractéristiques : d'une part elle apprécie en particulier les terrains siliceux, surtout le schiste; de l'autre elle possède à l'extrémité de ses épis de grandes bractées violettes, fréquemment plus foncées que les fleurs elles-mêmes. Floraison : avril-juillet.
Autres espèces ou sous-espèces mentionnées :
- Lavandula viridis , de forme comparable à L. stœchas, portant aussi des bractées. Feuillage plus vert, fleurs le plus fréquemment blanches. Pousse en Espagne et au Portugal.
- Lavandula pinnata, venant des Canaries.
- Lavandula lanata , lavande laineuse (sud de l'Espagne).
- Lavandula dentata , lavande dentée, nommée quelquefois «lavande anglaise», caractérisée par ses feuilles particulièrement découpées.
Galerie de photos
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Épis de Lavandula angustifolia. |
Schéma de la Lavandula angustifolia |
Épis de Lavandula stœchas. |
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Schéma de la Lavandula latifolia |
Répartition géographique
Au départ, les lavandes poussent en Provence et dans le bassin méditerranéen, puis la culture s'est répandue en Europe de l'Est (Bulgarie, Russie, Ukraine…) et même en Tasmanie ou encore au Canada où des plants mutés peuvent désormais résister au gel.
Les lavandes "vraies" poussent à une altitude de 500 à 1 700 m sur les versants ensoleillés des montagnes. La qualité des lavandes est connue augmenter avec l'altitude.
En revanche, la lavande aspic est récoltée dans le bassin méditerranéen entre 0 et 600 m d'altitude.
Les lavandes du groupe stœchas se développent sur tout le pourtour surtout en Andalousie et dans la partie sud du Portugal.
Les lavandins sont les lavandes les plus cultivés (de 800 à 1 000 tonnes d'essence par an) et les plus communs car ce sont les plus résistants. Ils se développent spontanément dans le sud de la France. Cependant, on observe un dépérissement des lavandins abrial et sumian qui sont en voie de disparition.
Récolte de la lavande
La récolte se fait au cours de la floraison, de fin juin jusqu'au mois d'août, pour les lavandes "vraies", "aspic" et les lavandins. À part l'aspic qui est sauvage, les plantes sont le plus souvent cultivées. Il existe cependant quelques distillations de lavandes sauvages de montagne conçues pour l'aromathérapie, les quantités sont particulièrement limitées. La récoltese déroule en été car les fortes chaleurs facilitent la montée de l'essence dans les cellules et les glandes sécrétrices de la fleur. Les brins sont plus odoriférants si récoltés juste avant l'ouverture des fleurs. Après, la majeure partie de l'arôme se perd.
Les lavandes du groupe stœchas sont plus précoces, elles sont récoltées de mars à mai à l'état sauvage mais elles sont plus rarement exploitées. Pour les cultures, la récolte s'effectue mécaniquement, sauf pour les bouquets qui sont coupés manuellement à la faucille.
Les lavandes clonales (issues d'un individu et multipliées par bouturage) arrivent à maturité en même temps, contrairement aux lavandes de population (non clonales) qui ne mûrissent pas de façon homogène car chaque plante est un individu différent de son voisin. Les lavandes clonées sont plus susceptibles d'être massivement attaquées par des insectes ravageurs, mais la lavande a peu de prédateurs, à cause de sa teneur en substances qui repoussent ces derniers, outre quelques espèces, dont le chrysomèle de la lavande (ou du romarin) ; Chrysolina americana.
L'huile principale serait de meilleure qualité en altitude mais le rendement est plus faible et l'altitude augmente la teneur en esters.
Production de l'huile principale
Il existe deux procédés principaux de production d'huile principale de lavande :
- La distillation traditionnelle : la récolte doit subir un temps de séchage, avant distillation, pour perdre l'excès d'eau. Un préfanage d'environ un ou deux jours est indispensable pour la lavande fine, il évite de modifier la qualité des huiles principales qui sont obtenues par entraînement à la vapeur d'eau des sommités fleuries. On fait circuler un courant de vapeur d'eau dans la lavande coupée et bien tassée (temps de distillation assez court 30 à 45 min).
- La distillation en "vert broyé" : qui depuis 1990 s'est développée pour perfectionner la productivité de la récolte (de lavandin en particulier). Sitôt cueilli, le végétal est haché avec une ensileuse et il est positionné au fur et à mesure, sans séchage préalable, dans une benne ou caisson mobile de distillation qui sera directement monté sur chaudière. Le fait de distiller broyé modifiant la qualité, cette technique n'est pas adaptée pour obtenir une huile principale de lavande aux normes AOC. De façon générale, les qualités ensilées auront des teneurs en alcools qui augmentent tandis que celles en esters diminuent (phénomènes d'hydrolyse), elles ont une odeur plus verte, peu appréciée des parfumeurs. Des études sont faites pour perfectionner les qualités ensilées et aider les producteurs dans ce sens.
Les rendements en huile principale de lavande sont particulièrement variables selon les régions, le climat, l'année, l'âge de la plantation et la variété, ils sont d'environ 15 kilos par hectare, 25 à 50 kilos pour les lavandes clonales, 80 kilos pour le lavandin en zone de montagne sèche, près du double en plaine (jusqu'à 180 kilos).
Les rendements massiques de production d'huile principale (rapport de la masse d'essence obtenue par la masse de plante distillée) sont les suivants :
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Les lavandins ont un meilleur rendement car leur fleur est plus développée et plus productrice en huile principale, son essence par contre est de moins bonne qualité.
Le mot lavande est un dérivé du verbe laver, peut-être issu de l'italien lavando (action de laver), mais qui pourrait bien remonter au latin lavandaria (linge à laver), probablement à l'origine de l'anglais lavender (lavendre vers 1265). Cette étymologie laisse penser que particulièrement tôt on a utilisé la lavande pour parfumer le linge fraîchement lavé. Des sachets de fleurs séchées sont habituellement positionnés dans les armoires, pour éloigner les mites et parfumer la garde-robe.
Les fleurs de lavande, séchées, sont particulièrement résistantes et conservent leurs arômes particulièrement longtemps. Un autre usage particulièrement ancien est celui de mettre de la lavande dans l'eau du bain pour son parfum et ses propriétés antiseptiques et calmantes.
L'essence de lavande contient des composants différents selon les espèces (voir ci dessous). On l'obtient habituellement par distillation des sommités florales. Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, la Provence était parsemée de petites distilleries familiales, qui ont progressivement toutes disparu, victimes de crises de mévente et de l'industrialisation de la production.
C'est évidemment la parfumerie qui fait le plus gros usage de la lavande. On peut tout parfumer avec elle , depuis les savonnettes jusqu'aux détergents et au papier hygiénique. Dans les parfums eux-mêmes, la lavande est en particulier réservée aux hommes, soit en soliflore dans les eaux de toilette, soit en note de cœur dans les eaux de Cologne.
Propriétés médicinales
L'essence de lavande contient des composants différents selon les espèces, mais on y trouve le plus fréquemment de l'acétate de linalyle et du linalol, du géraniol, du pinène, du cinéol, de la coumarine et de l'éthylamylcétone (à l'origine de son odeur rafraîchissante).
Elle a des propriétés antiseptiques, bactéricides, désinfectantes, calmantes, antispasmodiques et carminatives.
Depuis particulièrement longtemps aussi, on connaît les vertus cicatrisantes et antiseptiques de la lavande et sainte Hildegarde la conseillait déjà comme cicatrisant. On lui trouvait aussi des propriétés antivenimeuses et en cas de morsure de vipère, on frottait la plaie avec une poignée de lavande (ceci pourrait expliquer le nom de la lavande aspic). La plante a aussi été particulièrement utilisée (et l'est toujours) pour combattre les mites et les poux.
En phytothérapie, on la recommande pour combattre l'anxiété, la nervosité et les insomnies, mais également pour soulager les rhumatismes et soigner les infections des voies respiratoires. Elle peut être prise en infusion, en poudre (gélules), sous forme d'huile principale ou d'alcoolat (pour les frictions).
L'huile principale de lavande est antiseptique et bactéricide. Appliquée pure sur la peau elle soulage les brûlures et les piqûres d'insectes.
Utilisation culinaire
On peut faire infuser des fleurs de lavande dans du lait, utilisé ensuite pour la préparation de glace ou de crème à la lavande. Dans certaines régions du Maghreb (Algérie), elle est utilisée dans quelques plats, comme le couscous.
Les brins sont aussi utilisés dans les vallées (surtout celle de l'esteron, près de Nice), afin confectionner une liqueur spécifiquement forte en bouche, ainsi qu'aux vertus antiseptiques, digestives et calmantes.
Symbolique
Dans le langage des fleurs la lavande veut dire «Répondez-moi». Dans une relation plus établie ou une relation amicale c'est un symbole de «tendresse» : en relation avec sa couleur mauve bleutée, son parfum, mais aussi ses propriétés apaisantes et antiseptiques.
Les noces de lavande symbolisent les 46 ans de mariage dans le folklore français.
Bibliographie
- Didier Lanterborn, Mémoires d'un herboriste, éd. Équinoxe (ISBN 2-84135-423-7)
- François Couplan, Eva Styner, Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, éd. Delachaux et Niestlé, coll. «Les guides du naturaliste», (ISBN 2-603-00952-4)
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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/09/2009.
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