Arnica des montagnes

L'arnica des montagnes est une espèce de plante herbacée vivace rhizomateuse du genre Arnica et de la famille des Asteraceæ.



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L'arnica des montagnes (Arnica montana) est une espèce de plante herbacée vivace rhizomateuse du genre Arnica et de la famille des Asteraceæ. Cette plante européenne essentiellement montagnarde est typique des sols acides et pauvres en éléments nutritifs[1]. Ses populations, fortement malmenées par l'agriculture intensive, deviennent de plus en plus rares. Cette situation lui vaut d'ailleurs d'être appelée dans de nombreux textes de loi la protégeant et spécifiquement dans la Directive habitats européenne[2], [3].

En médecine traditionnelle, l'arnica des montagnes est décrite dans des pharmacopées européennes pour son usage dans le traitement de petits traumatismes comme les hématomes mais cet usage n'est pas soutenu par des études scientifiques[4]. Les études sur les préparations homéopathiques n'ont pas montré d'efficacité supérieure à un placebo[5]. Mais quelques études récentes, surtout sur un œdème de rat, ont montré que la molécule la plus active de l'arnica serait l'hénélalanine, comme antiphlogistique, à des doses inférieures à celles généralement données avec des médicaments comportant les molécules indométacine et phénylbutazone[6].

Pour apporter les laboratoires pharmaceutiques, dont la demande européenne annuelle est estimée à 50 tonnes de capitules secs, l'arnica est cueillie à l'état sauvage[7]. Cependant, la demande croissante en produits phytothérapeutiques et homéopathiques et sa rareté semblent inconciliables. En effet, devant la raréfaction des stations sauvages, la cueillette tend à se concentrer sur quelques sites ainsi qu'à les surexploiter[3]. De plus, sa culture reste à l'heure actuelle aléatoire tant ses exigences sont nombreuses[8].

Néanmoins, des alternatives se mettent en place : la recherche sur sa culture avance, l'Allemagne et la communauté européenne ont ouvert leur pharmacopée pour accueillir une plante thérapeutiquement équivalente[8] alors que d'autres mettent en place des conventions entre les différentes parties en jeu pour concilier économie et écologie[9].

Description

Plante vivace de 20 à 40 cm, à rosette, l'arnica commune des montagnes (Arnica montana subsp montana) fleurit entre mai et août selon les étages de végétation. Elle est pollinisée par les insectes et ses graines sont dispersées par le vent[1].

Toute la plante est de couleur vert pâle et couverte de poils glanduleux particulièrement odorants. Cette plante est aisément reconnaissable d'une part grâce à ses feuilles basilaires sessiles, ovales ainsi qu'à nervures longitudinales saillantes en dessous ; la totalité des rosettes forme fréquemment des plaques compactes. D'autre part, elle s'identifie facilement grâce à sa hampe florale de 20 à 40 cm pourvue de 2 petites feuilles caulinaires opposées ou sub-opposées. Ses capitules jaunes-orangé sont assez grands (6-8 cm) et solitaires (ou réunis par 3 ou 4), dégageant une forte odeur aromatique caractéristique. Comme chez énormément d'Asteraceæ, le capitule se compose de fleurs ligulées femelles (longueur : 20-30 mm) et de fleurs tubulées hermaphrodites (longueur : 15 mm).

Le fruit est un akène dont la graine est un peu velue et aussi longue que l'aigrette de soies blanchâtres et non plumeuses qui la surmonte.

Senecio doronicum : il est envisageable de le confondre avec Arnica montana. Ce séneçon pousse dans le même biotope que Arnica montana subsp montana, mais ses feuilles sont alternes et bien plus coriaces. Qui plus est ce séneçon ne dégage aucune odeur spécifique. [2]

Sous-espèces et cultivar

La sous-espèce atlantica a des feuilles basales plus étroites et porte des feuilles caulinaires sur chacune de ses bractées tandis que la sous-espèce montana porte ces feuilles seulement sur sa hampe florale. De plus, elle est fréquemment plus haute (jusqu'à 60 cm) et son involucre est laineux. Les capitules se développent du mois de juin au mois d'octobre et sont d'un jaune tendre et non pas orangé comme dans la sous-espèce montana.

Synonymes

Étymologie

D'après Pierandrea Mattioli, dans la Grèce antique, la plante appelée par Dioscoride alcimos, c'est-à-dire «salutaire» serait l'arnica des montagnes. Selon Paul Victor Apportéer, ce serait Matthæus Silvaticus, au XIVe siècle, qui serait le premier à l'avoir appelé «ptarmica». Cependant la plante est confondue avec le genre Alisma ou Damasonium. Ce nom sera repris par Conrad Gesner au XVIe siècle, puis transformé par le médecin allemand Jean-Michel Fehr en «arnica» au XVIIe siècle[15]. Par la suite de nombreuses appellations se succédèrent. En effet, la proximité du genre Arnica avec le genre Doronicum souleva de nombreuses polémiques entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle. Joseph Pitton de Tournefort, au XVIIe siècle, l'insère pour la première fois dans le genre Doronicum et l'appelle «Doronicum plantaginis folio alternum». Carl von Linné, au XVIIIe siècle, donne pour caractères différentifs de l'arnica, l'ensemble des semences aigrettées, et cinq filaments stériles dans les demi-fleurons. Il crée par conséquent des genres différents et appelle l'espèce selon sa méthode binomiale «Arnica montana». À la même époque, Jean-Baptiste de Lamarck classe le genre Arnica au sein des Doronic et l'appelle «Doronicum oppositifolium». De même, selon Bernard de Jussieu et Pierre Jean François Turpin, le premier des caractères de Linné est trop peu important pour établir une distinction générique et le second n'existerait pas. D'autres noms voient alors le jour comme «Doronicum montanum» en 1786 et «Doronicum arnica» en 1804. La classification actuelle retiendra celle de Carl von Linné[16].

L'étymologie de «arnica» est mal connue. Ce nom proviendrait peut-être de l'arabe comme il était d'usage à l'époque mais il est plus probable qu'il vienne d'une altération latine du grec ancien πταρμική «ptarmique» (plante dont les fleurs font éternuer) du substantif πταρμός «éternuement», du verbe πταίρω forme moyenne πτάρνυμαι «éternuer». La forme moyenne explique la substitution de n à m dans la forme grecque qui est à l'origine de la forme latine. L'amuïssement de pt s'explique par le fait que le latin ne connaît pas ce groupe de consonnes à l'd'origine. Cette étymologie fait clairement allusion aux propriétés sternutatoires de l'arnica. D'autre part, Jean-Michel Fehr la recommande en 1678 comme poudre à priser ainsi qu'à éternuer purgeant le nez. [15], [17]

L'épithète montana, féminin de montanus présent dans les appellations faisant référence au genre Doronicum comme au genre Arnica, veut dire «montagnard», indiquant le caractère principal de sa répartition. Elle provient du latin mons.

Appellations vernaculaires

Populairement, en France, Arnica montana est nommée «plantain des Alpes» à cause de la forme lancéolée de ses feuilles et de leurs nervures longitudinales saillantes, «tabac des Vosges» ou «tabac des Alpes» par allusion à l'ancien usage de ses feuilles. Ces deux noms font aussi référence à son aire de répartition. De plus, elle est appelée «herbe aux chutes», qui est une façon de nous rappeler son caractère anti-ecchymotique. Enfin, elle est appelée «Bétoine des montagnes»[1], [18].

En Allemagne, elle est désignée par Wolferley ou Wolfstöterin signifiant «tueuse de loup» car la plante passe pour vaincre la puissance du loup. Le mythe nordique du loup Fenris oppose ce dernier à la pure vitalité du soleil, le loup tentant d'assombrir tout ce que le soleil représente en nous[19].

La désignation scientifique ou ses traductions littérales (en français : «Arnica des montagnes», «Arnique des montagnes» et «Arnique montagnère») sont mondialement plus communes que les appellations vernaculaires ; que ce soit en allemand ou en français, leur usage est fréquemment tombé en désuétude.

Distribution géographique
Carte de répartition de Arnica montana

Arnica montana est une plante venant des régions montagneuses de l'Europe et du sud de la Russie, région nommée Écozone paléarctique. Plus exactement, Arnica montana subsp montana est principalement présente en Europe, du sud de la Norvège et de la Lettonie, au sud du Portugal, des Apennins nord et au sud des Carpates. Quant à la sous-espèce atlantica, elle est limitée à une zone allant du sud-ouest de la France au sud du Portugal. Voici quelques décennies, Arnica montana était toujours une plante commune en Europe. Elle pouvait se rencontrer partout sur le continent, de la plaine jusqu'à 2 850 mètres. Actuellement, elle est en forte diminution sur la totalité de son aire de distribution et elle se cantonne aux stations les plus hautes et les plus complexes d'accès[1], [20], [21].

En France, Arnica montana subsp montana est particulièrement rare à l'étage collinéen ; elle est en particulier présente à partir de l'étage montagnard jusqu'à l'étage alpin. Elle est présente dans les Pyrénées, le Massif Central, le Morvan, les Ardennes, les Vosges et les Alpes. La sous-espèce atlantica se rencontre en plaine en Sologne ainsi qu'au sud du département des Landes d'où elle a presque disparu[1], [12], [22].

Exigences écologiques

Pieds de Arnica montana subsp montana au sein d'une lande à callune

Arnica montana subsp montana est une espèce continentale héliophile (ou de demi-ombre). Elle est complètement acidiphile et se plait au sein des sols pauvres en bases (calcifuge) et en éléments nutritifs. Par contre, elle est particulièrement peu stricte quant au substrat pédologique : elle accepte autant les tourbes et les argiles, que les limons (en particulier sableux ou caillouteux) et les arènes. Ces sols devront néanmoins contenir de la silice et être modérément secs à humides (quelquefois avec des contrastes hydriques au cours de l'année). [1]

Arnica montana subsp atlantica est une espèce sub-océanique, aussi héliophile (ou de demi-ombre). Elle ne supporte pas les chaleurs extrêmes mais au contraire de la sous-espèce montana, craint les gelées tardives. De plus, elle préfère les sols humides à particulièrement humides. Quant à ses autres exigences édaphiques, elles sont semblables à celles de la sous-espèce montana, à savoir un sol acide à particulièrement acide ne contenant que particulièrement peu de bases et de phosphates[23].

Caractère indicateur : Arnica montana est par conséquent un bio-indicateur extrêmement fiable des sols acides particulièrement pauvres en bases et en éléments nutritifs[1], [2]. L'abondance d'Arnica montana est indicatrice d'un long passé de la végétation à l'état de lande[24].

Phytosociologie

Arnica montana subsp montana en compagnie de Campanula barbata

Arnica montana subsp. montana est une orophyte péri-alpine, préférant les adrets au nord de l'Europe et les ubacs au sud. Elle affectionne spécifiquement les pelouses maigres montagnardes et sommitales acidophiles soumises à l'effet de crête, essentiellement sur silice (Caricion curvulæ et Violion caninæ) et surtout sur Nardion strictæ (Nardus stricta, le nard raide). Ceci, jusqu'au bord des dalles rocheuses et dans les landes à callune ainsi qu'à myrtille (Vaccinio-Genistetalia) . Elle pénètre quelquefois dans les forêts peu denses du Rhododendron-Vaccinion (Pinèdes, Cembraies et Mélézins) ou dans les zones plus humides du Juncion squarrosi (Jonçaies à Canche cespiteuse). Cette arnica est présente dans les Pyrénées dans un biotope spécifique : les pelouses siliceuses à Festuca eskia[1], [25], [26]. Dans les Alpes, Arnica montana subsp. montana forme une association végétale avec Campanula barbata par l'intermédiaire de leurs exsudats racinaires[2].

Arnica montana subsp. atlantica, quant à elle , est présente dans les landes à bruyères humides et les prairies marécageuses des ubacs jusqu'à 1700 m d'altitude. Elle apparaît le plus souvent dans des communautés appartenant à l'Alliance Anagallido tenelleæ-Juncion bulbosi propre aux tourbières plates des zones de colline et de moyenne-montagne océaniques. Ses plantes compagnes sont le plus souvent Anagallis tenella, Drosera anglica, Pinguicula lusitanica, Rhynchospora alba, Rhynchospora fusca et Scutellaria minor[23], [27].

Parasitisme

Article détaillé : Tephritis arnicæ.

À l'état sauvage, les capitules d'Arnica montana subsp. montana sont régulièrement parasités par un diptère, Tephritis arnicæ, dont le développement des larves formant des cocons noirs dans le capitule est complètement dépendant de la plante. Quoique ces larves soient facilement extraites et que les capitules parasités soient utilisables après nettoyage, certains auteurs les disent particulièrement toxiques alors que d'autres accusent ces larves de faire perdre à l'arnica ses propriétés médicinales[18], [28]. Un autre insecte semble parasiter les feuilles d'Arnica montana. Il s'agit des chenilles du lépidoptère Digitivalva arnicella de la famille des Yponomeutidæ[29], [30].

Certains gastéropodes semblent aussi être impliqués. Que ce soient des limaces herbivores importées comme Arion lusitanicus ou les limaces locales, toutes portent une prédilection nette pour les feuilles d'Arnica montana. Tandis que les plants adultes sont rarement détruits (car ils répondraient à l'agression par une production de substances volatiles désavantageuses), l'effet des mollusques sur les semis printaniers est le plus souvent fatal. Il apparaît tandis que les limaces herbivores facilitent la reproduction végétative plus que germinative. De plus, il semblerait qu'elles soient un facteur clé dans la distribution géographique des populations d'Arnica montana. En effet, leur impact paraît augmenter avec une baisse de l'altitude, et ainsi défavoriser les peuplements de plaine. Les causes incriminées semblent être l'augmentation de la température (donc le développement des limaces) et la baisse de production d'huiles principales[31].

Impacts de l'agriculture

L'agriculture intensive est mise au banc des accusés dans la raréfaction d'Arnica montana. En effet, le surpâturage, l'azote, la potasse, les éléments alcalinisants (chaulage, excréments ovins), les sur-semis et les labours sont tout autant d'éléments fatals pour l'arnica. Selon l'IUCN, dans de telles conditions, «la plante ne revient pas à l'ancien habitat pendant des décennies»[2], [3], [32].

Le pâturage des ovins

Arnica montana devient de plus en plus rare du fait du changement de type de bétail sur les prairies agricoles. Quand on remplace le pâturage des bovins par celui des ovins, elle disparaît complètement en un ou deux ans. Les excréments alcalinisants des moutons sont fatals à cette plante acidophile. Ce fut surtout spectaculaire sur les Hautes-Chaumes du Haut-Forez (Rhône-Alpes, Auvergne) où l'introduction du mouton à fait disparaître les grandes stations d'Arnica montana en deux ans[2].

La fertilisation des sols

Impact agricole sur les populations sauvages de Arnica montana, à gauche : Rhinanthus alectorolophus, Markstein, Juillet 2008

La fertilisation des sols par l'agriculture intensive met aussi en danger les populations sauvages d'Arnica. Dans les Alpes suisses, une expérience de fertilisation de pelouses du Geo montani-Nardetum, un des biotopes privilégiés de Arnica montana subsp montana, fut pratiquée en 1930 par le Dr. W Lüdi et poursuivie jusqu'en 1990 par des équipes de scientifiques de l'université de Berne. Le protocole prévoyait différents itinéraires de fertilisation, combinant des apports d'azote, de phosphore, de potassium, de calcium et de fumier, avec suivi des effets et de leur persistance sur la composition floristique et sur les caractéristiques pédologiques des micro-parcelles. Les conclusions de cette expérimentation menée sur le long terme montrent d'une part un développement rapide de Festuca rubra, Phleum alpinum et d'une façon plus générale des espèces à large spectre sous l'effet des apports de phosphore, de calcium et de fumier, ces évolutions floristiques s'accompagnant d'une élévation significative du pH et de la richesse minérale du sol. D'autre part, elle démontre une régression rapide de Nardus stricta, Arnica montana, Geum montanum et de la majorité des espèces acidophiles[32], [33], [34].

Quant à la sous-espèce atlantica, son biotope est aussi sous menace de destruction du fait du changement des conditions écologiques. En effet, le perfectionnement culturale des prairies marécageuses a génèré la raréfaction de l'espèce[35].

L'agriculture extensive

L'agriculture extensive, au contraire, facilite le développement d'Arnica montana. L'exemple du Markstein, dans les Ballons des Vosges semble être assez probant. En effet, une étude scientifique agro-environnementale a été menée en partenariat avec le Parc naturel régional des Ballons des Vosges par l'université de Metz (Laboratoire de Phytoécologie du professeur Serge Muller) sur une parcelle communale en friche de 14 ha, pendant trois ans de 1998 à 2001. Partant de l'arnica comme principal bio-indicateur de l'état de ces hauts-pâturages, l'étude à permis d'établir quelles mesures prendre pour en préserver l'écodispositif et la biodiversité. Ainsi, l'introduction d'un petit cheptel de bovins, le renoncement à tout engrais sur la parcelle, mais aussi la taille des buissons envahissants, auront permis d'y obtenir une augmentation notable des populations d'Arnica montana. Refus des bovins, l'Arnica a pu se développer au détriment des plantes fourragères. Un pacage extensif effectué le plus tôt envisageable dans la saison semble par conséquent positif [2], [36], [37]. D'autres préconisent aussi une fauche tardive[2]. Pour un résultat optimal, l'Office fédéral de l'environnement de Berne (Suisse) [37] conseille une fauche l'ensemble des 3 ans sur la moitié ou alors le quart de la parcelle, l'exploitation de ces prairies devant se dérouler du 1er Juillet à 800 m d'altitude jusqu'au 31 à 1600 m. L'agriculture extensive est par conséquent propice à l'arnica : il faut un minimum d'interventions humaines (coupe de bois, fauche) ou de présence animale pour maintenir le biotope des prairies naturelles. Un terrain laissé à l'abandon évoluerait vers la lande à callune ou à myrtille, puis vers la forêt. Bien que potentiellement présentes dans ces biotopes, les populations d'Arnica montana n'en seraient pas moins beaucoup amoindries[36].

Impacts de la cueillette sauvage

Cueillette de plante entière de Arnica montana sur le Markstein, Juillet 2008

Les risques associés à la cueillette sauvage généralement incluent la surexploitation des plantes endémiques (les espèces ayant des distributions géographiques particulièrement restreintes sont vulnérables au risque d'extinction), la perte de diversité génétique par régression ou élimination de populations locales porteuses de caractéristiques génétiques uniques et la destruction inutile de plantes génèrée par des pratiques de récolte négligentes[38].

Le Laboratoire de Phytoécologie de Metz a démontré, au travers de relevés précis et réguliers sur le site du Markstein, que le fait de cueillir l'Arnica de façon correcte et contrôlée ne menace pas l'espèce de disparition. En effet, extraire Arnicæ planta tota veut dire détacher le plant de son rhizome (la partie racinaire se rattachant au rhizome étant prélevée). Cette méthode stimule les bourgeons dormants localisés dans les rhizomes restants ; ils continuent alors de croître pour produire l'année suivante un autre plant. On évite ainsi des pertes et des troubles sévères à l'habitat[36]. De plus, quand les cueilleurs coupent le capitule, ils suppriment l'hormone inhibitrice des bourgeons floraux axillaires et stimulent leur floraison[2]. Une cueillette modérée n'est par conséquent pas néfaste à Arnica montana.

Néanmoins, devant la raréfaction des stations sauvages existantes et dont l'exploitation est légalement autorisée, la cueillette tend à se concentrer sur quelques sites. Face à une surexploitation avérée ou envisageable de ces stations sauvages, il est indispensable de prendre des mesures correctes pour pouvoir continuer à exploiter les ressources restantes en Arnica à moyen ainsi qu'à long termes. Dans le cas opposé, une cueillette abusive serait néfaste tant du point de vue de l'écologie que de la médecine et de l'économie.

Protections

La communauté européenne considère Arnica montana comme «une espèce végétale d'intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature et l'exploitation est susceptible de faire l'objet de mesures de gestion». Tout type de prélèvement peut être réglementé : plantes fraîches ou séchées, y compris, le cas échéant, feuilles, rhizomes, tiges, graines, et fruits. Dans ce cadre, Arnica montana est une espèce des prairies de fauche de l'annexe V de la Directive habitats 92/43/CEE[39], [40].

En Europe, Arnica montana est inscrite sur la liste des plantes protégées de certains pays. Elle est reconnue «indéterminée» à Kaliningrad et en Ukraine ; «rare» en République tchèque et «vulnérable» en Bosnie-Herzégovine, en Lituanie, en Pologne, aux Pays-Bas, en Finlande, en Suède et au Portugal[20], [41], [35].

En Hongrie : Arnica montana est reconnue comme «menacée» et est l'une des rares espèces dont la collecte est interdite (1982. III. 15. KTM décret et ses amendements) [20], [7], [41].

En Roumanie : elle est reconnue comme «vulnérable» et depuis 1996, un permis pour la collecte Arnica montana capitules est indispensable en Roumanie[20], [7], [42].

En Allemagne : elle est reconnue «menacée», à ce titre, elle figure dans le décret fédéral de protection des espèces sauvages (Bundesnaturschutzgesetz) en appendice 1. Sa cueillette en est par conséquent fortement contrôlée et nécessite, à titre exceptionnel, une autorisation fédérale. Elle est interdite pour des fins lucratives[43].

En Suisse, Arnica montana est inscrite en liste rouge sous protection régionale dans les cantons du Jura et sur le Plateau où elle est reconnue comme espèce «en danger». Dans le Canton de Berne, la cueillette de cette plante à des fins lucratives requiert une autorisation de l'Inspection de la protection de la nature[44], [45].

En Italie, la protection des végétaux médicinaux et aromatiques et de leurs habitats naturels est soumise au Décret Royal (R. D) No. 772 de 1932. Il y est inscrit que la quantité maximum d'Arnica montana permise à la récolte sauvage est de 5 kg frais (capitules et racines) par personne et par an[35].

En Espagne, il n'existe pas de législation qui interdise et contrôle la récolte d'Arnica montana dans tout le territoire, excepté dans les zones faisant partie d'un Parc national ou d'une Réserve naturelle intégrale. Cependant, cette espèce étant incluse dans l'annexe V de la Directive Habitats, cette directive a été transposée en Espagne dans le RD 1997/1995 et dans l'annexe D du Règlement CE 338/97. Dans ce cadre, en Catalogne, il est indispensable d'avoir l'accord du Département de l'environnement et de l'habitat (DMAH) pour pouvoir en tirer profit[46], [41].

En France, les deux sous-espèces montana et atlantica sont soumises à réglementation[47] municipale (Vosges), préfectorale[48] (Cher, Loiret, Alpes-de-Haute-Provence[49] et Lot[50]), départementale (Cher[51], Loiret[52] et Isère[53]) et régionale (Centre[54], Bourgogne[55] et Aquitaine[56]). «Dans ces territoires, sont interdits, en tout temps, la destruction, la coupe, la mutilation, l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement, le colportage, l'utilisation, la mise en vente, la vente ou l'achat de tout ou partie des spécimens sauvages. Cependant, les interdictions de destruction, de coupe, de mutilation et d'arrachage ne sont pas applicables aux opérations d'exploitation courante des fonds ruraux sur les parcelles généralement cultivées.» Arnica montana est aussi protégée dans le cadre de la convention alpine et de certains Parc nationaux.

Ces taxons sont à protéger en plaine[1].

Constituants

À des fins médicinales et selon la nomenclature pharmaceutique, on utilise les capitules secs (Arnicæ flos), la partie aérienne fleurie fraîche (Arnicæ herba), la plante entière fleurie fraiche (Arnicæ planta tota) et les racines (Arnicæ radix) . Ses composants font d'Arnica montana une plante toxique[

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