Phytothérapie

La phytothérapie, étymologiquement le traitement par les plantes, est une méthode thérapeutique qui utilise l'action des plantes médicinales.



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Définitions :

  • Traitement des maladies par les plantes. (source : encyclo.free)
Séchage de plantes médicinales dans un centre de médecine tibétaine traditionnelle (Jarkot, Nepal). Elles seront ensuite broyées en poudre fine et utilisées en tisane

La phytothérapie, étymologiquement le traitement par les plantes, est une méthode thérapeutique qui utilise l'action des plantes médicinales.

On peut distinguer deux types de phytothérapie :

Histoire

Description de l'usage du cumin et de l'aneth - La matière médicale de Dioscoride, copie en arabe de 1334

Le premier texte connu sur la médecine par les plantes est gravé sur une tablette d'argile, rédigé par les Sumériens en caractères cunéiformes 3000 ans av. J. -C. ; Ils utilisaient des plantes telles le myrte, le chanvre, le thym, le saule en décoctions filtrées.

Le Papyrus Ebers, du XVIe siècle av. J. -C. est le premier recueil connu consacré aux plantes médicinales. De loin le plus volumineux connu de l'Égypte ancienne avec «110 pages», il fait référence à qui plus est anciens documents citant des dizaines de plantes accompagné d'un mode d'utilisation[1].

Les Grecs et les Romains utilisaient aussi de nombreuses plantes. On en retrouve des références, entre autres, dans l'œuvre de Dioscoride (médecin grec du Ier siècle) (cf. illustration).

En Europe, les plantes représentent la majeure partie de la pharmacopée jusqu'à la fin du XIXe siècle et l'avènement de la chimie moderne. Toujours beaucoup utilisées après la Deuxième Guerre mondiale, elles furent ensuite supplantées par les médicaments de synthèse plus simples d'emploi.

En France, le diplôme d'herboriste a été supprimé en septembre 1941 par le gouvernement de Vichy. De 4 500 herboristes en 1941, ils sont désormais une dizaine tandis qu'en Allemagne ou en Italie, on compte plusieurs milliers d'herboristes.


Méthodes : utilisation et fabrication

En phytothérapie respectant les traditions les plantes peuvent être utilisées fraîches, ce qui n'est pas forcément envisageable, ou séchées, entrant ensuite peut-être dans des préparations diverses préservant leurs principes actifs. On les administre sous forme de teintures alcooliques, macérats, tisanes, compresses, baumes... (remarque : la tisane ne permet d'extraire que les principes actifs de la plante solubles dans l'eau).

Des procédés plus récents permettent d'obtenir la totalité des principes actifs, la plus rudimentaire consiste en un broyage fin (cryobroyage par exemple) de la plante après séchage et permet l'obtention d'un poudre totale de plante. Cette poudre peut être ensuite présentée sous forme de comprimés, gélules, sachets, etc.

Un autre procédé, l'extraction, optimisant le principe de la tisane avec une technologie de pointe, permet l'obtention d'une poudre purifiée et concentrée en théories actifs. Après le broyage grossier des plantes, la poudre est plongée dans une solution naturelle, le solvant (eau ou alcool), adaptée aux propriétés physico-chimiques des principes actifs recherchés. Cette phase principale permet d'isoler l'ensemble des actifs et de conserver leur synergie d'action. Le liquide ainsi obtenu va ensuite subir une phase de filtration afin d'éliminer les composés solides non assimilables tels que la cellulose. Puis une phase de séchage modéré sous vide qui éliminera progressivement le solvant et d'éventuels contaminants. L'extrait sec ainsi obtenu bénéficie des avantages suivants :


En Europe, certaines plantes sont reconnues comme plantes médicinales, et soumises comme les médicaments à une autorisation de mise sur le marché. Par conséquent, les produits extraits de certaines plantes ne sont commercialisés que dans les pharmacies et quelquefois sur ordonnance.

Article détaillé : plantes utilisées en phytothérapie.

Précautions d'emploi de la phytothérapie

Certaines plantes contiennent des principes actifs qui peuvent être extrêmement puissants, d'autres sont toxiques à faible dose. Le fait qu'on n'utilise que des plantes ne veut pas dire que cela est sans danger, la culture libre de certaines plantes est interdite dans certains pays, le cas le plus courant étant le pavot dont la culture est réglementée en France et conçue pour l'unique industrie pharmaceutique[2].

La pharmacologie reconnaît l'action bénéfique de certaines plantes et s'attache par conséquent à extraire le principe actif de ces plantes. La consommation «brute» de la plante induit la consommation d'autres produits contenus dans la plante que le principe actif, ne donnant la possibilité ainsi pas de connaître la dose exacte de principe actif ingéré entraînant un risque de sous-dosage ou de surdosage. Pour certains médecins phytothérapeutes, les autres principes vont atténuer les effets secondaires en entrant en interaction. Un exemple : la distillation de la lavande sert à dénombrer plus de 200 molécules différentes, dont des cétones et coumarines, dont la toxicité est moindre que s'ils étaient utilisés seuls [3].

La composition d'une plante peut fluctuer d'un spécimen à l'autre, dépendant du terrain, des conditions de croissance, humidité, température, ensoleillement, qui vont déterminer ce qu'on nomme en aromathérapie le chémotype.

De même, il ne faut pas utiliser des plantes d'origine douteuse, puisque les facteurs de pollution, la cueillette et les méthodes de conservation, de stockage… peuvent altérer les propriétés des plantes.

Erreur de fabrication

À titre d'exemple, une préparation pour tisane amaigrissante, vendue en pharmacie, a ainsi fait des victimes au début des années 1990 : une erreur de traduction a inclus une plante de la famille des aristoloches, particulièrement dangereuse, qui a entraîné des insuffisances rénales majeures et des cancers chez 110 personnes en Belgique[4].

Interaction

La prise simultanée de plantes médicinales et de médicaments peut entraîner l'interaction des deux remèdes et la naissance d'effets secondaires, quelquefois graves. A titre d'exemple, le millepertuis peut inhiber l'effet de médicaments comme la digoxine, la théophylline, les anticoagulants à base d'anti-vitamine K, des contraceptifs oraux et certains antidépresseurs, ou d'autres moins utilisés comme la ciclosporine, des traitements contre l'infection à VIH (sida) comme l'amprénavir ou l'indinavir, ou certains anticancéreux[5].

Naturel ne veut pas dire bénéfique

Notons enfin que certains présentent la phytothérapie comme méthode «naturelle». Cet argument du naturel est fréquemment de type publicitaire ou d'effet de mode jouant sur une ambiguïté : naturel égalerait «bénéfique» et «inoffensif» (tandis que la nature n'est ni bonne ni mauvaise, la mort, la maladie, les venins ou les toxines étant naturels…). On estime que 5 % des intoxications sont dues aux plantes, quelquefois par des préparations phytothérapiques comme les aconits[6].

Symbolique

Tandis que depuis l'Antiquité les spécialistes des plantes étaient clairement identifiés, du médecin à l'herboriste, et que cette séparation est toujours en vigueur dans d'autres sociétés de par le monde, certaines plantes sont sacrées, préparées seulement par la personne qui remplit la fonction de guérisseur.

Notes et références

  1. [1] et "MEDICINE IN ANCIENT EGYPT" en anglais [2].
  2. Les articles L. 5132-1 à -9 et R. 5150 à R. 5219-15 du Code de la santé publique réglemente production, la fabrication, le transport, l'importation, l'exportation, la détention et la vente des substances et préparations vénéneuses à utilisation pharmaceutique, dont les stupéfiants, et ceci dans le cadre de la convention des Nations unies sur les stupéfiants du 21 mars 1961. En France, c'est Francopia (Sanofi) qui a eu le monopole de la culture du pavot.
  3. Jean-Pierre Willem : Les huiles principales, une médecine d'avenir
  4. Plantes médicinales - [Archives] Forum Santé, médecine générale - Forum FS Generation
  5. [3] L'administration concomitante d'amprénavir et de ritonavir avec des préparations à base de plantes contenant du millepertuis (Hypericum perforatum) peut entraîner une diminution de la concentration plasmatique d'amprénavir et de ritonavir. Ceci est dû à l'effet inducteur du millepertuis sur les enzymes intervenant dans le métabolisme des médicaments. Donc, les préparations à base de plantes contenant du millepertuis ne doivent pas être utilisées en association avec Telzir et ritonavir. Chez les patients prenant déjà du millepertuis, les taux d'amprénavir et de ritonavir, et si envisageable la charge virale, devront être vérifiés, et le traitement par le millepertuis arrêté. Les concentrations d'amprénavir et de ritonavir peuvent augmenter à l'arrêt du millepertuis. L'effet inducteur peut persister au minimum deux semaines après l'arrêt du millepertuis.» (Telzir) [4]
  6. INTOXICATION PAR L'ACONITINE : - Site de la Société de médecine des milieux naturels et des pathologies liées à la faune et la flore

Bibliographie

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/09/2009.
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